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Qui sommes-nous ?
  
La Tribu L’Autre Sud intervient sur deux champs qui ont pour vocation de se renforcer mutuellement : le séjour culturel en Amérique latine, vecteur d’échanges entre citoyens du Nord et du Sud et l’intégration durable de personnes issues de la diaspora latino-américaine sur le marché du travail. La Tribu souhaite développer un réseau d’informations et d’échanges destiné à promouvoir et consolider ses activités au Nord, au Sud, entre le Nord et le Sud.

Il s’agit d’un collectif franco latino-américain fondé en novembre 2003 à Paris en réponse à l’importante crise économique et sociale subie en 2001 par les pays du Mercosur. L’association est constituée de professionnels du monde social, culturel et artistique latino-américains et français liés à l’Amérique latine pour y être nés, y avoir vécu, voyagé ou désirant la découvrir. Tous partagent la même passion, celle du voyage, mais un voyage différent, privilégiant l’accueil, les échanges et les rencontres authentiques avec l’habitant.

« Ce qui nous a poussés à soutenir la Tribu depuis ses débuts est l’originalité de l’approche qui redonne au voyage la bilatéralité qui nous semble devoir être son essence même, alors que si souvent le voyage est unilatéral, du visiteur au visité. Or il nous semble que le voyage commence lorsque le voyageur rencontre l’autre ; lorsqu’il est confronté à l’altérité. Avant ce n’est que déplacement. La Tribu contribue à créer du « voyage-échange », loin du tourisme de consommation, facteur de déconstruction et de désordre des pays visités. Espérons que tous les voyageurs le comprendront et sauront enrichir de leur expérience la réflexion que la Tribu saura capitaliser »
Témoignage de Jean-Michel et Cécile Lichtenberger, membres fondateurs

Le voyage vecteur d’emploi

L’association a décidé d’agir en se posant deux questions :

Comment contribuer depuis le Nord au développement durable de cette région au Sud ?

La Tribu l’Autre Sud souhaite inscrire ses activités dans une démarche de développement local durable, en permettant à des hôtes identifiés en Amérique du Sud 1 de profiter pleinement des bénéfices du tourisme en valorisant activités touristiques et ressources culturelles et naturelles sur leur territoire. La Tribu espère ainsi contribuer à pérenniser des emplois et à améliorer les conditions de vie des hôtes impliqués dans cette démarche que nous souhaitons durable.

Quelles réponses apporter aux difficultés croissantes des personnes issues de la diaspora latino-américaine établies en France ?

La Tribu l’Autre Sud se propose d’expérimenter la création d’emplois pour des personnes issues de la diaspora latino-américaine, qui pourraient mettre à profit leur double culture, leurs connaissances linguistiques et relationnelles au profit d’une intégration professionnelle en France, leur pays d’accueil. Cette approche peut permettre à ces personnes de « faire le lien » entre leurs origines et leur présent professionnel, de mobiliser leurs capacités et de mieux orienter leurs motivations à travers leur pratique professionnelle tout en visant une insertion durable sur le marché du travail.

Pour tenter de répondre à ces deux questions, l’association a identifié une opportunité sur le marché du voyage, un domaine peu exploré à ce jour, qui justifie un investissement initial, afin de développer des emplois nouveaux : il s’agit du « voyage autrement ».

Des occasions de voyager autrement…

Des individus, des groupes de personnes et des familles recherchent des occasions de voyager autrement et c’est à cette demande particulière que La Tribu l’Autre Sud souhaite répondre en privilégiant une approche de découverte de la culture par et pour l’habitant. Pour cela, l’association promeut au Sud une démarche auprès des amphitryons, afin de les sensibiliser ou de se reconnaître dans l’accueil et l’hébergement d’hôtes plutôt que de touristes. C’est sur ce point spécifique que la Tribu se démarque du tourisme de masse pratiqué habituellement. Les amphitryons sont conscients du patrimoine local (historique, culturel, naturel) et s’efforcent de faciliter la prise de contact de leurs hôtes avec la vie sociale dans leur territoire. Ceci nécessite une réflexion et une démarche de mise en valeur du patrimoine local, la rénovation d’anciennes bâtisses, la recherche historique de leur origine et particularités. De plus, les amphitryons deviennent « des passeurs » permettant l’accès des voyageurs aux valeurs de la vie locale, aux activités culturelles et artistiques propres à leur environnement. L’association a choisi de travailler avec des hôtes qui ont acquis une solide expérience de l’accueil de voyageurs. Les critères retenus, coïncidant avec l’approche de son partenaire Roots Travel, sont : qualité de l’accueil et des prestations, accueil personnalisé, professionnalisme, originalité et convivialité.

… en contribuant au développement durable

Dès ses débuts, La Tribu s’est intéressée au lien entre l’activité touristique et l’impact qu’elle peut susciter en termes de développement. La crise économique et sociale de 2001 a poussé l’association à réfléchir à des activités d’échanges entre le Nord et le Sud qui permettraient de répondre au besoin très urgent de créer des emplois ou de les préserver. Or, l’activité touristique constituait une alternative très intéressante dans la mesure où la conjoncture était favorable à la croissance de ce secteur et donc à l’émergence d’emplois nouveaux. Nous avons pensé que des citoyens d’ici et de là-bas pouvaient profiter pleinement de cet essor, en nous assurant toutefois d’un retour positif en termes de développement pour le Sud. En effet, le tourisme peut contribuer à dynamiser une économie locale si les voyageurs sont incités à utiliser des prestations locales -hébergements, restaurants, activités de loisirs, excursions, visites guidées, artisanat, transport…- et les hôtes à jouer un rôle moteur du développement durable sur leur territoire.

« Lors d’un voyage dans le Nordeste du Brésil, j’ai pu constater l’impact positif que peut avoir la présence d’une petite pousada sur l’économie d’un village de pêcheurs. Cet hébergement a amené des voyageurs, qui fréquentent les deux restaurants du village. Ceux-ci sont approvisionnés par les pêcheurs qui leur fournissent des produits frais de la mer. La pousada comme les restaurants ont permis de créer des emplois tenus par des femmes du village. Les habitants proposent des activités, telles que ballades à cheval, en canoë ou observation des tortues marines, qui ont vu le jour avec l’arrivée des premiers voyageurs. Il s’agit dans ce cas d’un tourisme de petite échelle, de faible impact sur l’environnement, mais contribuant à améliorer les conditions de vie des habitants. La pêche reste l’activité principale du village, le tourisme n’étant qu’un complément. Le tourisme n’est soutenable que s’il respecte certains équilibres, économiques, sociaux et environnementaux, et s’il intègre la participation des habitants au processus de développement... »
Témoignage de Clarisse Krasa

Le lancement des groupes de voyage

La Tribu l’Autre Sud a choisi de s’associer à l’Association l’ADEC- La Cumparsita pour proposer un voyage original combinant la découverte de deux pays, l’Argentine et l’Uruguay, où la musique a gardé une empreinte culturelle très forte. Ainsi, onze voyageurs sont partis du 1er au 16 février 2006 à la « Découverte du tango et du candombe » au Rio de la Plata. Un second voyage sera programmé en fin d’année 2006. Les deux associations ont mis en commun leur expérience pour construire un séjour original, ancré localement et proche de l’habitant avec la participation active des voyageurs à quelques réunions avant le départ. Les temps forts du séjour sont :
- Accueil personnalisé et hébergement chez l’habitant
- Cours de tango à Buenos Aires et Montevideo
- Découverte des quartiers et hauts-lieux du tango à Buenos Aires
- Sorties dans les Milongas
- Rencontres avec des personnalités du monde culturel, artistique et associatif
- Visites culturelles à Buenos Aires et Montevideo
- Participation à Las Llamadas de Montevideo avec défilé au rythme du candombé
- Découverte du milieu rural et de la côte uruguayenne, avec séjour dans une estancia.

Un premier emploi créé

L’obtention d’une subvention de la Mairie de Paris a permis à l’association de recruter sa première salariée dans le cadre d’une Convention d’Accompagnement vers l’Emploi suivie par l’ANPE. Ce poste de travail « d’animatrice de réseau » est destiné à une personne issue de la diaspora latinoaméricaine. Les membres et les amis de l’association, issus du milieu associatif, institutionnel et de l’entreprise, se proposent d’accompagner bénévolement les activités de la salariée, afin de faciliter le développement de ses compétences et de renforcer son employabilité. Sa mission consiste à participer au développement d’un réseau d’informations et d’échanges facilitateur de contacts entre des hôtes en Amérique du Sud et des voyageurs européens désireux de mieux connaître ces destinations. Interface entre une offre et une demande particulières, l’association favorisera ainsi la mise en relation de citoyens du Nord et du Sud par le biais d’un site internet. Il s’agit d’offrir une large palette d’hébergements, le plus souvent chez l’habitant, de proposer des séjours culturels en Amérique du Sud à des citoyens européens souhaitant expérimenter le voyage autrement.

« Première rencontre avec La Tribu, plus précisément avec le noyau dur de l’association en ce début de février. Rencontre avec une poignée de personnes chaleureuses, originaires pour la plupart d’Argentine ou d’Uruguay comme moi, portant une réflexion proche de la mienne, désireuses de partager leur culture, d’offrir leur réseau d’amis, d’accueillir la curiosité sincère de ceux qui franchiront le pas, entrant dans le cercle étroit, la farandole de La Tribu, pour découvrir des expériences inédites, des rencontres authentiques à travers les yeux de « passeurs » connaissant les deux cultures et à même de leur ouvrir la porte étroite vers ce « voyager autrement », doublé du sentiment de contribuer à l’amélioration du niveau de vie de leurs hôtes en juste rétribution. Pour en finir avec la peur de l’inconnu qui se traduit par un apartheid politiquement correct, un cloisonnement transparent, un mépris à peine voilé, le respect d’une valeur fondamentale de La Tribu que je partage, m’est apparue lors de notre première rencontre, « Oser rester à hauteur d’homme, à l’écoute réciproque et dans le respect de l’altérité ». Désir d’en être, de faire partie du voyage et de nourrir l’esprit de la Tribu de mon propre souffle ».
Témoignage de Claudia Carlisky

Ainsi, nous avons levé l’ancre de la routine pour nous lancer dans cette aventure. Toutes voiles dehors, nous espérons avoir bon vent hacia el corazón del Sur....



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